Genève, le 27 septembre 2018 (caritasdev.cd) : « Franciscans International, Action de Carême, Caritas Internationalis, Misereor et Dominicans for Justice and Peace demeurent vivement préoccupés par la situation sécuritaire, humanitaire et des droits humains sur tout le territoire de la RDC. À trois mois de la tenue des élections, l’impasse politique actuelle est des plus inquiétantes et ne semble pas propice à l’organisation d’élections démocratiques en décembre prochain ». C’est la substance de la Déclaration orale conjointe de ces Organisations catholiques susmentionnées, lue mardi 25 septembre 2018 à Genève, dans le cadre de la 39ème Session du Conseil des Droits de l’Homme (CDH).
Coparrainée par Caritas Congo Asbl, cette déclaration a été faite lors du dialogue interactif sur la RDC. Au cours de cet évènement parallèle, le Secrétaire Général de la CENCO a été invité à faire une déclaration au nom de la CENCO (Conférence Episcopale Nationale du Congo).
Ces organisations, comme l’Eglise catholique congolaise, se disent inquiètes de la faible mise en œuvre de mesures prévues dans l’accord de la saint Sylvestre signé en décembre 2016, de la répression des manifestations politiques, de la confiscation des médias, et des cas de prisonniers et exilés politiques avant les élections.
Par ailleurs, Franciscans International, Action de Carême, Caritas Internationalis, Misereor et Dominicans for Justice and Peace demandent l’attention et l’action urgente de la communauté internationale et du Conseil pour plusieurs sujets préoccupants : manque de consensus autour de la machine à voter, fiabilité du fichier électoral, polémiques concernant l’indépendance de la CENI et des organes judiciaires, réformes législatives restrictives des libertés fondamentales, multiplicité des groupes armés commettant de graves violations des droits humains.
Il est temps pour que ce conseil puisse agir et de prévenir une nouvelle détérioration de la situation en RDC. Le conseil prévient les autorités congolaises et toutes les parties concernées qu’elles seront tenues pour responsables de leurs violations des droits humains. Pour cela, il est nécessaire que le conseil mette en place un mécanisme de surveillance des droits humains œuvrant l’ensemble du pays.
En outre, ce conseil doit continuer d’exiger l’application intégrale de l’Accord de la Saint-Sylvestre, et en particulier les mesures de décrispation politique, et la tenue effective d’élections libres, pacifiques, crédibles et transparentes, au plus tard le 23 décembre 2018, conformément au calendrier électoral. Seule une transition démocratique et pacifique du pouvoir en RDC permettra d’aller vers la paix et la stabilité de ce pays et de toute la sous-région des grands lacs.
Pour mémoire, le Conseil des droits de l’homme tient pas moins de trois sessions ordinaires par an, pour un total d’au moins dix semaines. Elles ont lieu en mars (quatre semaines), juin (trois semaines) et septembre (trois semaines).
Si un tiers des États membres en fait la demande, le Conseil des droits de l’homme peut décider à tout moment de tenir une session extraordinaire pour traiter des violations des droits de l’homme et des urgences.
Depuis sa création en 2006, le Conseil des Droits de l’Homme mobilise la communauté internationale face aux situations les plus préoccupantes en matière de droits de l’Homme. Elle contribue à placer la défense des droits de l’Homme au cœur des questions internationales.
La présente session ordinaire du Conseil des droits de l’homme, la 39ème, se tient du 10 septembre 2018 au 28 septembre 2018. Il s’agira du premier Conseil des Droits de l’Homme de Michelle Bachelet, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, qui a pris ses fonctions le 1er septembre.
Ferry BONKALI (Stagiaire) & Guy-Marin Kamandji
