Gemena, le 25 janvier 2021 (caritasdev.cd): Les objectifs assignés au Projet ‘Un Monde sans Faim’ seront largement atteints d’ici 2022. C’est ce qu’a affirmé ce 19 décembre 2020, monsieur Thadée BAREGA Lombe, le 2ème Secrétaire exécutif adjoint de la Caritas Congo Asbl, lors d’une interview accordée à Gemena à un représentant de caritasdev.cd
Lors de cette interview ayant porté sur ledit Projet, ce membre de l’espace Secrétariat exécutif de la Caritas Congo Asbl se chargeant de la qualité de Projets et Programmes a affirmé également qu’à mi-parcours de sa mise en œuvre, le Projet ‘ Un Monde sans Faim’ évolue comme prévu. L’intégralité de cette interview est à lire ci-dessous, rapporte caritasdev.cd
Joseph Kiala: Dans deux ans le Projet ‘Un Monde sans Faim’ connaîtra sa fin. Que dites-vous à ce sujet ?
Thaddée Barega : A mi-parcours de sa mise en œuvre, le Projet évolue comme prévu. Les objectifs assignés au projet seront largement atteints d’ici 2022.
Peut-on dire que l’évaluation de ce Projet a déjà commencé?
L’évaluation dudit Projet est en cours depuis le lancement de sa mise en œuvre travers le suivi réalisé par l’équipe en charge de son exécution sur le terrain et le suivi de la qualité de cette mise en œuvre par le Secrétariat exécutif de la Caritas Congo Asbl ainsi que le staff de la Caritas Allemagne.
Récemment, une des activités réalisées par le Projet a été l’organisation de la Foire agricole de Gemena sur place les 17, 18 et 19 décembre 2020. Quel est votre mot sur cette Foire et quel est votre souhait à son sujet ?
Cette Foire agricole est la première à être organisée dans la Province (Sud-Ubangi). Elle a permis de rapprocher les consommateurs des producteurs. Elle a mis en exergue le travail des agriculteurs, des pêcheurs et des éleveurs, la qualité et la diversité de leurs produits. Elle a prouvé que le Projet lutte effectivement contre la Faim et garantit la disponibilité des produits agricoles, de l’élevage et de la pêche dans ce milieu, notamment, le manioc, le niébé, le petit pois, le maïs, la volaille (poule), la chèvre, le poisson des étangs et des eaux douces, le miel, la semence. Mon souhait est que cet événement soit organisé chaque année par le Gouvernement de la Province du Sud-Ubangi et mobilise tous les acteurs intéressés et à tout le pays. Que cet événement devienne une institution dotée de ressources propres ainsi que d’une organisation autonome soutenue par l’autorité locale.
En s’investissant dans le Projet dit ‘Un Monde sans Faim’ Caritas Congo Asbl a relevé un pari et quel est ce pari ?
Le pari relevé par Caritas Congo Asbl en s’investissant dans ce Projet est d’augmenter la production
agricole de 5.000 ménages paysans au Nord et au Sud-Ubangi, d’améliorer les techniques culturales, de faciliter l’accès des paysans aux semences améliorées. En s’investissant dans ce Projet, Caritas Congo Asbl a aussi relevé le pari de relancer la production de l’élevage, de la pêche et de la pisciculture. Elle a relevé le pari d’organiser et de structurer les paysans et de faciliter le stockage, la commercialisation et la transformation des produits agricoles.
Le Projet ‘Un Monde sans Faim’ progresse vers sa fin et dans deux ans ce sera son terme. Avez-vous avant cela un message à donner à la Caritas Allemagne qui l’ appuie financièrement ?
Caritas Allemagne, avant la Covid-19, est venue, chaque année, constater de visu les progrès réalisés dans l’exécution de ce Projet et l’atteinte des résultats. Je rassure la Caritas Allemagne en déclarant que l’objectif relatif à l’augmentation de la production agropastorale et de la pêche est quasiment atteint. Je la rassure en déclarant aussi que le dispositif du stockage est en place et que la transformation des produits agricoles de base (manioc et riz) se poursuit. Je rassure enfin la Caritas Allemagne en affirmant que la commercialisation des produits agricoles, de l’ élevage et de la pêche a été amorcée et que la Foire agricole (de Gemena) va désormais être institutionnalisée et pérennisée.
L’apport de la Caritas Allemagne a produit des effets et nous souhaitons, après ce projet, travailler suffisamment sur la professionnalisation des paysans, des éleveurs et pêcheurs accompagnés afin de garantir la disponibilité des produits agricoles, de l’élevage et de la pêche dans ce milieu.
Quelles sont les leçons que vous pouvez tirer s’agissant du Projet ‘Un Monde sans Faim ‘ pour ce qui est de l’Etat congolais ?
Les leçons tirées pour l’Etat congolais se résument en deux constats : le secteur agricole est la base du développement de la Province du Sud-Ubangi et cette dernière devrait se doter le plus rapidement possible d’un plan de développement agricole intégré. Ce plan devrait couvrir tous les secteurs connexes à l’agriculture (les routes, l’énergie, l’eau, les infrastructures de stockage, de transformation, l’habitat rural, l’environnement, le changement climatique, la santé, la communication, etc. )
Avez-vous un mot à l’endroit du Service de Promotion du Développement ou SPD (de la Caritas Congo Asbl) ?
J’encourage le SPD et le Coordonnateur du Projet ‘Un Monde Sans Faim’, monsieur Sylvain KATANGA, pour qu’ils se mobilisent en vue de l’atteinte des objectifs de celui-ci et de capitaliser les acquis de la Foire agricole de Gemena afin d’assurer la commercialisation des produits agropastoraux et de la pêche ainsi que de la pisciculture du lieu.
Que dites-vous de manière pertinente sur les deux ans de travail qui restent au Projet ‘Un Monde sans Faim’ ?
Les 2 années qui restent devraient être mises à contribution pour consolider la base et les acquis dans l’augmentation de la production, la commercialisation, l’organisation et la structuration et pour développer dès maintenant les stratégies d’appropriation et de pérennisation des acquis du Projet en vue d’un décrochage réussi. Ces 2 années restant devraient enfin être mises à contribution pour amorcer les réflexions sur la professionnalisation des paysans partenaires dans la phase post-Projet et explorer d’ores et déjà les opportunités de partenariat pour ce faire.
Lors de votre récente mission de service à Gemena, vous vous êtes rendu à Bokwaga, dans le diocèse de Budjala, pour visiter un des dépôts du Projet ‘Un Monde sans Faim’. Que doit-on retenir à ce propos, pour terminer ?
L’entrepôt que j’ai visité marque une étape importante dans la commercialisation des produits agricoles, fruit du travail des paysans agriculteurs accompagnés, regroupés dans les organisations paysannes et l’Union des organisations paysannes bénéficiaires. Cet entrepôt leur offre, à la fois, un lieu approprié de stockage de produits agricoles, un espace de tri/séchage, une salle de formation et un bureau de travail de ceux qui sont commis à la gérance de cet entrepôt. L’emplacement de celui-ci dans un village qui abrite un grand marché va contribuer à son opérationnalisation. Il devrait servir également d’un élément moteur pour favoriser les initiatives de transformation. Les organisations paysannes (OP) doivent être accompagnées dans le renforcement de leurs capacités pour les rendre capables d’assumer leur rôle, leur mission et de contribuer à l’appropriation et à la pérennisation des acquis de ce Projet et , ainsi, à sa durabilité.
Ajoutez-vous d’autres éléments en poursuivant avec votre réponse ?
Il est question maintenant de doter cet entrepôt d’un organe de gestion, des outils et d’un texte de procédures de gestion susceptibles de garantir l’efficacité de son opérationnalisation, l’efficacité et l’efficience dans sa gestion, sa viabilité, sa pérennisation et la qualité des services aux bénéficiaires. Ceux-ci ne sont pas uniquement les paysans accompagnés par le Projet, mais aussi les autres populations locales intéressées, quitte à gérer la question de la capacité du stockage de l’entrepôt. En amont, il faut prendre toutes les dispositions administratives et juridiques requises sur la tutelle de cet ouvrage. Ceci conformément à l’objectif et à l’esprit du Projet, et ce de concert avec toutes les parties intéressées partenaires dans la mise en œuvre de celui-ci.
Propos recueillis de notre Envoyé spécial à Gemena JOSEPH KIALA
