Kinshasa, le 29 août 2023 (caritasdev.cd) : Jean Claude Tshimena, Informaticien et Chargé de la base des données au sein de la Caritas Congo Asbl, affirme que l’apport informatique dans la collecte des données est important pour Caritas Congo Asbl et ses partenaires.
Dans une interview accordée à caritasdev.cd, il explique le travail qu’il exécute au sein de cette structure de la pastorale sociale de l’Eglise catholique. Il a fait savoir qu’il apporte son appui, en sa qualité d’Informaticien, avec son expertise dans divers projets de la Caritas Congo Asbl.
Dans cette interview, il parle de son travail dans le cadre des projets de Monitorage Post distribution (PDM) des Moustiquaires Imprégnées d’Insecticide à Longue Durée d’action (MIILD). Il joue un rôle de monitorage et d’évaluation des données dans ces projets. Le monitorage permet d’analyser les données collectées pour donner au Manager la possibilité d’orienter la mise en œuvre des projets vers les résultats attendus conformément aux objectifs fixés.
Il a indiqué que c’est un rôle important, car si on ne fait pas le suivi, on peut se retrouver à la fin avec des données incomplètes, incohérentes et donc qui ne sont pas de qualité. Les données pourront être rejetées par les bailleurs du fait qu’elles ne reflètent pas la situation réelle du terrain.
« C’est pourquoi, nous commençons généralement ce travail par la formation ; c’est très important. Nous insistons sur la formation parce qu’il ne suffit pas seulement que les gens aient des connaissances sur le logiciel, mais il faut aussi savoir comment collecter les données. Le but de la formation est de maitriser l’utilisation des formulaires de collecte de données. Voilà pourquoi la formation a une partie théorique et une autre qui est pratique », a-t-il lancé.
Jean Claude Tshimena a fait savoir qu’il travaille en collaboration avec le chargé de projet, mais aussi avec les superviseurs et enquêteurs sur terrain. Tous sont sous la supervision du Coordonnateur National du Service de Promotion de la Santé (Caritas Congo Asbl). Les contacts sont des agents de terrain, qu’on appelle aussi les enquêteurs/agents de collecte et les superviseurs. Les données collectées sur terrain permettent d’élaborer le rapport au niveau central dès le déroulement de l’activité. Pour le rapport à mi-parcours, les données sont exigées tous les jours aux enquêteurs pour surmonter aux difficultés qu’on peut rencontrer dans la collecte des données sur terrain. « C’est pourquoi je dois jouer le rôle d’intermédiaire entre les enquêteurs sur terrain et le chargé de projet » a-t-il précisé.
En général, les enquêteurs sont recrutés et formés avec l’appui de l’équipe du projet de la Caritas Congo Asbl.
il est préférable d’utiliser les mêmes personnes qui ont déjà l’expertise et qui travaillent déjà avec l’équipe du projet. Néanmoins, à chaque début de l’activité une session de formation de mise à jour est toujours organisée pour tous les collecteurs y compris les anciens.
Jean Claude a signifié que le partenaire technique et financier, qui est Aigainst Malaria Foundation/AMF en sigle, continue à faire confiance à la Caritas grâce au travail de qualité de l’équipe, sans oublier le sérieux dans le travail de monitorage. Il a rappelé qu’il a travaillé dans (9 provinces (Kinshasa, Tshopo, Haut-Uelé, Tanganyika, Sankuru Kasaï Oriental, Bas Uélé, Équateur et Kwilu) et bientôt, le bailleur va étendre les activités d’autres provinces dont le Kongo central pour l’instant.
Par ailleurs, pour renforcer la communication et le feedback, un groupe WhatsApp de travail est toujours créé à chaque lancement du projet, un groupe dans lequel on trouve l’équipe de coordination central du projet , les points focaux ou délégués provinciaux, les superviseurs et les enquêteurs pour le partage des informations importantes sur les activités y compris les résultats atteints.
Quelques difficultés rencontrées dans la collecte des données
Les difficultés varient selon la réalité du milieu. Dans certaines zones, on peut retrouver soit l’insécurité, les problèmes d’accessibilité ou carrément les phénomènes climatiques tels que les inondations qui empêchent le bon déroulement de la collecte des données.
En cas d’insécurité, le chargé de projet doit être informé car cela va empêcher la collecte de données dans le village et cela va impacter sur le nombre de ménages concernés dans la zone de santé. Cette information est aussi automatiquement partagée avec la partenaire AMF.
Par rapport aux outils utilisés par les enquêteurs principalement la tablette, la plus grande difficulté c’est le perte des données. La collecte des données n’est pas une chose facile, les gens qui font la descente sur terrain, sont soumis à des risques et nous insistons pendant la formation que la sécurité n’est pas négociable mais il y a des cas qui arrive toujours. Je signale qu’ici à Kinshasa, un collecteur des données avait été attaqué par le malfaiteur communément appelé Kuluna. La tablette qui contenait les données avait été ravie par ces bandits et nous étions dans la difficulté de récupérer ces données car elles n’avaient pas encore été transmises ni au superviseur ni dans le serveur. On a dû refaire la collecte pour retrouver les données perdues.
Une autre difficulté est liée au voyage pour acheminer les matériels de Kinshasa vers les provinces. Le routing des vols par exemple n’est pas régulier vers certaines provinces.
Naomi Embilo (stagiaire)
