Kinshasa, le 10 août 2020 – ( caritasdev.cd) –: A l’occasion de la Journée internationale des peuples autochtones, tombant le dimanche 9 août 2020, dans une interview accordée à car itasdev.cd ce jeudi 6 août 2020, Mlle Mona Paris Kapupu, une personne autochtone , a émis le souhait que dans le monde entier l’on puisse reconnaître l’identité de celle-ci. Elle en a aussi appelé à la connaissance du mode de vie des peuples autochtones ainsi que la reconnaissance de leurs droits. Cette interview, à lire ci-dessous in extenso, a permis à Mlle Mona Paris Kapupu d’aborder divers sujets liés aux activités concernant les peuples autochtones ainsi que le travail réalisé par la Caritas Congo Asbl, à leur profit dans le domaine du projet. Lors de cette interview, Mlle Paris Mona Kapupu, Assistante à la Communication à la Caritas Congo Asbl, a aussi adressé un message aux peuples autochtones dans son pays en rapport avec la Covid 19, leur demandant de respecter les mesures –barrières, en vue d’éviter la propagation de celle-ci, rapporte caritasdev. cd
Question (Q) : Ce dimanche 9 août 2020 sera célébrée la Journée internationale des peuples autochtones dans le monde en général et en RDC en particulier. Vous êtes une femme faisant partie de la communauté des peuples autochtones au Congo (Kinshasa). Que dites-vous brièvement à cette occasion aux peuples autochtones vivant dans votre pays ?
Réponse (R ) : Pour moi, s’agissant de cette Journée, surtout en cette période de la pandémie de la Covid-19, le message que j’adresse aux peuples autochtones dans mon pays est celui de respecter les mesures –barrières, en vue d’éviter la propagation de celle-ci. Concernant la Journée internationale des peuples autochtones, j’ estime qu’elle est une journée de réflexion qui nous permet de connaître les cultures des peuples autochtones et de faire reconnaître leurs droits.
Q : Le thème de cette Journée consacrée aux peuples autochtones porte cette fois sur la résilience. Voulez-vous donner brièvement votre commentaire sur ce thème de la résilience ?
R : L’accès aux soins de santé dans les milieux où vivent les peuples autochtones dans mon pays ou ailleurs pose vraiment problème. Sur cette question de la santé, les peuples autochtones ont des avis variés. Certains parmi eux par exemple soutiennent que le paludisme n’existe pas, que la pandémie d’actualité dite coronavirus aussi n’existe pas. D’autres peuples autochtones sont capables de valoriser leur savoir endogène. En parlant résilience, il serait intéressant de souligner qu’un projet par exemple du domaine de la santé est appelé à tenir compte du savoir endogène des peuples autochtones qui en disposent pour que des projets dans ce domaine laissent des impacts sûrs.
Q : Avez-vous vous-même déjà travaillé dans une activité, dans un projet (programme ) en rapport avec les peuples autochtones ? En quoi a consisté votre travail ?

R : Oui, j’ai déjà travaillé dans une activité concernant les peuples autochtones dans mon pays. Cette activité est l’appui aux communautés (autochtones et locales) dépendant de la forêt dans 19 Territoires de la RDC. Ledit projet est financé par la Banque mondiale à travers le Fonds national REDD et le mécanisme dédié aux peuples autochtones et communautés locales ( DGM). Sa durée va de 2016 à 2021. J’assure la visibilité du projet en ma qualité de Chargée de communication. Ce projet est exécuté par diverses organisations des peuples autochtones. La Caritas Congo Asbl en est l’Agence fiduciaire (ou l’Agence nationale d’exécution) gardant les fonds.
Q : Vous êtes communicologue de formation et croyez-vous que la visibilité sur les peuples autochtones en RDC est effective ?
R : La visibilité pour ce qui est des projets des peuples autochtones est un processus et je crois à cela. Je signale en outre que dans le cadre du Projet d’appui aux communautés dépendant de la forêt un site web a été créé. Le Réseau autochtones des populations des écosystèmes organise aussi souvent des activités de visibilité.
Q :Qu’est-ce que vous avez à dire sur les projets concernant les peuples autochtones en RDC, selon les informations que vous détenez ?
R : Grâce à un des projets des peuples autochtones, la loi sur la promotion et la protection a été conçue et le souhait de ceux-ci est qu’elle soit adoptée et promulguée par le Chef de l’Etat congolais. Sur le plan foncier et de l’aménagement du territoire, qui est un aspect particulier dont l’on doit tenir compte, le projet s’est montré préoccupé par la sécurisation des terres appartenant aux peuples autochtones.
Q : Quelles sont, selon vous, les difficultés auxquelles font face les peuples autochtones en RDC ?
R : Les difficultés en question sont multisectorielles, comme c’est le cas au niveau de la santé où les peuples autochtones, faute de moyens, n’ont pas accès aux soins de santé. Les autres difficultés concernent l’éducation avec le manque d’écoles et le peu d’instruction reçue par ces peuples autochtones. Ces derniers sont victimes de conflits intercommunautaires ou armés. Sur le contexte national actuel marqué du point de la santé par la pandémie de coronavirus les peuples autochtones n’ont pas de moyens suffisants pour leur prise en charge.
Q : Quelles sont, selon vous, les informations prioritaires à donner ou à divulguer sur les peuples autochtones ?
R : Dans le cadre de leur projet, qui en soi est la mise en œuvre des micro-projets, je tiens à mettre l’accent sur ces derniers. C’est eux-mêmes qui ont identifié ces micro- projets sur base de leurs besoins. Les peuples autochtones vont alors accompagner les organisations locales qui seront les porteuses de ces micro-projets.
Q : Est-ce que l’on compte de nombreux projets en rapport avec la santé qui sont menés en RDC au profit ou en faveur des peuples autochtones ?
R : A ma connaissance, il n’y en a pas assez . J’ai appris la semaine passée que des peuples autochtones de Bikoro ont ouvert un centre de santé dans la commune de Ngaliema à Kinshasa.
Q : Ajoutez-vous en terminant ici cette interview quelque chose qui vous tient à cœur et que vous voulez donner comme conclusion ?
R : Mon souhait est que dans le monde entier l’on puisse reconnaître l’identité, le mode de vie des peuples autochtones ainsi que la reconnaissance de leurs droits.
Propos recueillis par JOSEPH KIALA
