Kinshasa, le 25 juillet 2018 – (caritasdev.cd) – Le nouveau Coordonnateur de la Caritas Uvira, dans l’Est de la RD. Congo, s’est confié à la presse, à Kinshasa, où il a accordé le 21 juillet 2018 une interview à caritasdev.cd. Lors de cette interview, à lire ci-dessous in extenso, monsieur l’Abbé Eugène MBEHO a fait savoir aux partenaires et autres bailleurs de la Caritas Uvira que celle-ci mobilise toutes ses ressources, disponibilise toutes ses capacités et tous ses moyens, afin de répondre à leurs exigences, pour mieux satisfaire les besoins des bénéficiaires. A ceux-ci, le prêtre a fait savoir que la Caritas Uvira leur assure de son service de qualité pour leur apporter le soulagement, dans la mesure de ses moyens, dans leur situation de vulnérable, rapporte caritasdev.cd
Question (Q) : La Caritas Uvira est dirigée depuis un temps par vous, monsieur l’Abbé Eugène MBEHO, comme son nouveau Coordonnateur. De quand date exactement votre nomination et est-ce que l’on peut vous connaître ?
Réponse (R) : Son Excellence Mgr Sébastien-Joseph MUYENGO Mulombe, Evêque du diocèse d’Uvira, m’a nommé comme Coordonnateur de la Caritas Uvira le 22 janvier 2018. Auparavant, j’étais Curé à la paroisse Saint Joseph Mukasa de Kasika, dans le Territoire de Mwenga. Tout juste après mon ordination sacerdotale en 1991, j’ai été promu économe de la même paroisse susmentionnée, pour devenir par la suite l’économe de la cathédrale d’Uvira. Alors économe dans la cathédrale à partir de 1996, je me suis réfugié en Tanzanie, à cause du déclenchement de la guerre de libération. Dès mon retour de ce pays, j’ai été nommé en 2006 aumônier des jeunes dans la paroisse de Mulongwe, à Uvira. J’ai été ensuite en 2009 nommé Curé de la paroisse Sainte Marie de Mwenga, à Mwenga. En 2014, je suis devenu Curé-doyen de la paroisse Saint François-Xavier de Kamituga. En 2015 est intervenue ma nomination à la paroisse Saint Joseph Mukasa de Kasika.
Q : Quels sont vos souhaits sur la Caritas Uvira, à présent que vous en êtes devenu le Coordonnateur ?
R : C’est de voir cette Caritas accomplir sa mission sociale de manière encore plus efficace auprès des nécessiteux et des vulnérables. Ceci avec l’accompagnement de nos partenaires et bailleurs.
Q : Quels sont au jour d’aujourd’hui les projets ou programmes que la Caritas Uvira est en train de mener depuis que l’année 2018 a débuté ?
R : Nos projets ne concernent pour le moment que les urgences. Le premier que je cite est celui de l’assistance en sécurité alimentaire aux déplacés retournés et familles d’accueil de Kabambare, au Maniema, et de Kilembwe à Fizi, au Sud-Kivu. Le bailleur de ce projet, d’une durée de six mois, est Pooled Fund. Les bénéficiaires sont en tout 2.155 ménages, dont 862 à Kilembwe et 1.293 à Kabambare. Pour le moment, il n’y a pas à déplorer quoi que ce soit sur la situation sécuritaire dans les sites. Le deuxième projet est la distribution des vivres dans le Territoire de Fizi aux déplacés retournés et familles d’accueil à Fizi centre, à Mulongwe, à Sanza, Swima, Makobola, Sebele, Kikonde, Kilembwe centre, Kabiluga, Makombo, Bikutchi, Igomba et Kalombi. Le bailleur dudit projet est le PAM, avec comme bénéficiaires 21.935 ménages, dont 5.480 femmes, 4 .825 hommes, 7.138 garçons et 5.492 filles. La durée de ce projet est de six mois aussi. Nous avons également le projet de médiation dans les communautés isolées du Sud-Kivu, plus précisément à Fizi, à Mwenga et dans les moyens et hauts plateaux d’Uvira. Caritas Espagne a financé ce projet qui fonctionne depuis plus de trois ans. La Caritas Uvira vient d’achever son projet de monitoring de protection, qui a débuté l’année passée, pour se terminer en fin mai 2018 et qui est passé maintenant au stade de veille humanitaire avec le financement de la Caritas Espagne. Notre Caritas diocésaine continue à faire parvenir aux enseignants leur salaire mensuel, dans le cadre de la « Paie des enseignants » non bancarisés.
Q : Quelles sont les difficultés que votre Caritas rencontre en exécutant ces projets ?
R : Il nous est par exemple difficile de satisfaire tous les nécessiteux, vu les moyens limités. Les cas non prévus dans les lignes budgétaires, lors de nos déplacements sur terrain ou de l’exécution des activités du projet, nous compliquent parfois l’existence.
Q : Quelles sont concrètement les leçons que vous avez apprises lors de ces activités, leçons tirées à partir de l’exécution desdits projets ?
R : Les situations pour lesquelles nous nous engageons nous ont poussé à faire plus attention aux souffrances de la population. Elles nous ont aussi interpellés dans le sens de nous montrer plus compétents dans notre travail. Les descentes sur terrain pour s’imprégner des réalités de la population sont nécessaires, avant de se lancer dans un projet.
Q: Quel est votre mot à l’endroit des bailleurs de ces projets ainsi que des bénéficiaires ?
R : J’aimerai dire aux partenaires et autres bailleurs que la Caritas Uvira mobilise toutes ses ressources, disponibilise toutes ses capacités et tous ses moyens, afin de répondre à leurs exigences, pour mieux satisfaire les besoins des bénéficiaires. A ceux-ci, nous disons que la Caritas Uvira les assure de son service de qualité pour leur apporter le soulagement, dans la mesure de ses moyens, dans leur situation de vulnérable.
Q : Comment la Caritas Uvira se présente-t-elle aujourd’hui ?
R : Nous avons d’une part les services d’appui à la coordination qui sont : le secrétariat et communication interne, les finances et le budget (comptabilité et caisse), la logistique, la mobilisation des fonds et la communication externe, la qualité et le suivi des programmes, les ressources humaines ainsi que le personnel. D’autre part, nous avons des secteurs des urgences, du développement, des centres sociaux, le Centre de développement communautaire (Kiringye) et un projet d’ouverture d’une Institution financière pour les œuvres de développement ou Ifod. La Caritas Uvira compte une quarantaine d’agents, dont le Coordonnateur adjoint et administrateur Delphin MENGHE Selemani ainsi que près de 10 femmes.
Q : Que dites-vous sur les Caritas paroissiales dans le diocèse d’Uvira en cette année 2018 ?
R : Le diocèse d’Uvira compte 24 paroisses, chacune disposant d’un Comité paroissial Caritas-Développement. La Caritas diocésaine projette de redynamiser ces Comités paroissiaux Caritas-Développement, pour mieux assurer la visibilité de celle-ci. Il est aussi envisagé d’« actualiser » la célébration de la Journée nationale Caritas.
Q : La Caritas Uvira compte-t-elle des projets ou programmes à réaliser prochainement ?
R : Comme projets futurs de la Caritas Uvira nous signalons le projet de sécurisation des structures foncières dans le Territoire de Fizi, dont le bailleur pourra être la Coopération suisse. Nous avons un modeste projet de prise en charge scolaire de 50 filles en partenariat avec Caritas Norvège. Il y a aussi un projet de réhabilitation des infrastructures et irrigation des champs à Kiringye, dans le cadre de la sécurité agricole au Sud-Kivu et à Tanganyika, grâce à un financement de la Banque mondiale.
Q : Quel est votre mot sur le partenariat entre Caritas Congo Asbl et Caritas Uvira ?
R : Le partenariat entre Caritas Congo Asbl et Caritas Uvira est au beau fixe. En effet, cette dernière chemine main dans la main avec nous dans le souci de nous aider à mieux remplir notre mission. La preuve est la tenue de l’atelier auquel nous venons de prendre part au Centre d’Accueil Caritas à Kinshasa sur l’approche du système de veille humanitaire. L’atelier a eu lieu du 17 au 19 juillet 2018, sous la facilitation de la Caritas Congo Asbl et de la Caritas International Belgique, grâce à un financement de la Caritas Espagne. Nous avons entre autres retenu comme conclusion de cet atelier qu’il faut savoir donner une information à chaud sur les alertes et leur réserver une réponse rapide.
Propos recueillis par JOSEPH KIALA
