Lolo, le 08 mai 2018 (caritasdev.cd): Il est souvent difficile à certaines personnes de se départir de vieilles habitudes, même si celles-ci leur sont nuisibles. C’est le cas de ces pêcheurs qui ont élu domicile au bord des rivières ou fleuve. Des décennies durant, leurs familles subissent de plein fouet les conséquences des inondations, devenues cycliques, dans cette province de la Mongala, au nord-Est de la RDC.
« Nous avons beaucoup souffert des inondations, sans nous délocaliser pourtant… »
Jean-Pierre Lokangu est de ceux-là. Il reconnait que son père s’est établi depuis 1948 au bord de la rivière Itimbiri, à 15 kms de la Cité de Lolo (qui se trouve à 75 km de la ville de Bumba). Il est en plus Président du Comité RRC (Réduction des Risques des Catastrophes) du site Lundu-Bari Samba . « Nous sommes ici en train de construire des cases de nos propres mains; car, nous avons été victimes des inondations. Les dégâts subis à longueur des années sont tels que nous avons enfin accepté la sensibilisation faite par la Caritas afin d’être à l’abri de tous ces maux», indique Jean-Pierre Lokangu Sokoni. « La Caritas nous a beaucoup aidés. La fois passée, elle était là. Et cette fois-ci encore. Même ces maisons que nous construisons, les matériaux que nous utilisons ont été fournis par la Caritas. Nous sommes au nombre de 60 ménages à avoir accepté la délocalisation », a précisé Mr Lokangu. « Nous demandons au bureau de la Caritas de nous ajouter les pailles, parce que ce stock est insuffisant pour toutes les maisons en construction », a-t-il ajouté en guise de difficultés.

« Au départ, les gens trouvaient chimériques l’idée de nous délocaliser, après avoir subi les inondations avec tout son cortège des maladies et pertes des biens. Le premier site qui avait été choisi pour nous faire déplacer, était une propriété privée utilisée pour des champs. Et cela a créé un découragement pour certains d’entre nous. Quand nous avons trouvé ce nouveau terrain, cela a convaincu les sceptiques. Cela a fait que le nombre de ménages prêts à se délocaliser est passé à 60. Nous remercions la Caritas pour leur aide multisectorielle pour notre développement », a-t-il noté.
Pêcheur de son état, Mr Laurent Lusuma est marié à une femme et père de huit enfants. Il a avoué pour sa part avoir perdu plusieurs biens suite aux inondations. « Cette fois-ci, Caritas a été là pour nous remettre quelques articles ménagers essentiels. Je souligne toutefois que la dernière inondation, de septembre à décembre 2017, a été la plus destructrice depuis ma naissance. Tous les ustensiles de cuisine, nos habits, voire les objets scolaires des enfants ont été emportés par les eaux. Nous avions dû nous réfugier sur nos pirogues des semaines durant», a-t-il affirmé. Malgré tout cela, Mr Lusuma a noté que, les eaux, lors de cette dernière inondation, n’avaient pas atteint le site leur octroyé par Caritas. Ce qui justifie sa joie : « nous sommes très contents de ce site nous octroyé. C’est à la fois proches des autres habitants que nous avons trouvés ici ; mais aussi proche de la rivière (300 mètres). Cela nous permettra d’aller voir nos filets même dans la nuit, à n’importe quelle heure, sans problème ». Il a ajouté en plus que sa femme pourra aisément faire de la culture maraichère dans leur nouvelle parcelle.
Conscients de cet avantage, les « délocalisés » volontaires s’entraident pour construire leurs cases. « Nous sommes des frères et nous nous comportons comme tel. Si l’un de nous a un travail à réaliser, je ne peux pas le laisser faire seul. Qu’il y ait une motivation financière ou pas, nous allons nous entraider », a rassuré Mr Lifungola Léonard, trouvé avec quatre autres hommes entrain de placer de la paille sur une case. Il s’agissait de MM. Mangabu Benjamin, Laurent Lisuma, Edouard Ekukwa et Baelongandi.
40 maisons en construction et 3 avenues déjà tracées
Trois avenues sont déjà tracées sur le site octroyé par le chef de Groupement où 20 maisons sont déjà construites : Avenue Monseigneur Jean Bertin, Av. Abbé Oscar et Av. Mademoiselle Juliette. Il s’agit d’un quartier créé en amont du port, à 300 mètres de la rive, du nom de ‘Quartier Caritas’. « Il y a un plan de délocalisation que nous suivons avec le Comité RRC pour urbaniser ce terrain et le mettre en valeur. Mais, nous émettons le vœu de voir les natifs et les leaders locaux de Lolo nous appuyer pour continuer cette œuvre de la Caritas au niveau du site de Lundu », a plaidé Mr Roly Lisungu, Superviseur du Programme d’appui à la Résilience des Communautés vulnérables aux Risques des Catastrophes (PRRC) à la Caritas-Développement Lolo. Ce dernier a salué l’action positive du Chef de Groupement. « Nous avons octroyé à chaque ménage 15 x 25 mètres. Mais, ce n’est pas encore terminé. Nous allons chercher un autre endroit pour caser les autres ménages victimes des inondations ayant accepté d’être délocalisés. Ce dernier a affirmé avoir mesuré 150 mètres sur 85. Ici, nous sommes à 65 km de Bumba », a indiqué le Chef de Groupement de Yalingimba, Mr François Wowale Akede, qui a remercié la Caritas pour son appui à sa population.
Il sied de signaler que la contribution locale a été considérable à toutes les étapes de l’octroi du terrain à l’aménagement des allées, en passant par la délimitation des parcelles, le défrichage, la plantation des vétivers et arbres, etc. Pour les habitants de Lundu, les quantités prévues de matériaux étaient sous-estimées aux vues de leurs standards de construction.
Ainsi, chaque ménage a complété, ici 12 pieux de fondation, ici une trentaine de traverses, etc. Sinon, pour chaque maison, le Projet a fourni les matériaux suivants : 12 pieux de fondation (bois dur), 300 sticks de bois, 6 longues traverses, 80 traverses de remplissage, 10 paquets de lianes, 10 à 20 paquets de paille, 15 à 20 paquets de roseaux, 1 porte, des clous et 2 charnières.
Guy-Marin Kamandji
